ven
19
nov
2010
Le Blu-Ray n'est plus très loin du happy end
HIGH-TECH - Le petit disque bleu voit la vie en rose...
Souvenez-vous, le Blu-Ray est né au forceps. Le petit disque bleu a été lancé à grand renfort de guéguerres entre Sony et Toshiba, chacun voulant imposer son standard de disque haute définition (le Blu-Ray pour le premier, le HD-DVD pour le second). Mais depuis le 19 février 2008, Toshiba a choisi d'enterrer son HD-DVD, permettant à un unique format d'émerger.
«A l'époque régnait aussi la confusion entre les formats HD Ready et Full HD. Cela a quelque peu désarçonné les consommateurs», se souvient Dominique Masseran, directeur général de Fox Pathé Europa. Mais pour l'heureux distributeur du film Avatar, le n°1 des ventes de Blu-Ray en France avec 500.000 exemplaires vendus (contre plus 1,7 million de DVD), «le Blu-Ray décolle désormais très fort».
La vie en rose avec le disque bleu
Les fans de cinéma à la maison croquent les petites galettes bleues à pleines dents. Les nouveautés de cette fin d'année (Toy Story 3, Inception, Millenium 1,2 et 3, Shrek 4, Adèle Blanc-Sec…) ne devraient pas contrarier ce bel élan.
La vertigineuse ascension des téléviseurs haute définition (9 millions de ventes attendues dans l'Hexagone en 2010) va même le confirmer. Avec 55% des foyers équipés, le Blu-Ray devrait représenter 15% du chiffre d'affaires de la vidéo en France cette année. Dans un marché global dont les revenus se situeront aux alentours de 1,6 milliard d'euros en 2010, le DVD n'est pourtant pas près d'être détrôné.
Le sera-t-il jamais? «D'une part, le Blu-Ray ne donne sa pleine mesure que sur un grand téléviseur. D'autre part, les deux supports cohabiteront longtemps pour une simple question de différence de prix», souligne un vendeur. Nul doute que les possesseurs d'écrans de 32 pouces (82 cm) n'ont pas grand-chose à gagner en investissant dans le Blu-Ray, la différence de qualité d'image sera tout juste perceptible.
A noter également, les prix des DVD (20 € pour les nouveautés) sont plus intéressants que ceux des Blu-Ray (25 € environ). Mais on peut se constituer sa vidéothèque haute définition à moindre coût. Dans les magasins, les opérations «3 pour le prix de 2» sont légion.
Par ailleurs, si à l'origine le Blu-Ray se concentrait sur des titres récents et à fort potentiel visuel, de plus en plus d'œuvres de patrimoine - généralement restaurées et remastérisées - s'offrent une nouvelle jeunesse en Blu-Ray: Le Pont de la rivière Kwaï, Psychose, Le Guépard, La Beauté du diable ou Suspiria de Dario Argento. Même la maison MK2 effectue sa ruée vers l'or bleu en ressortant ses vieux Chaplin dans un coffret Blu-Ray!
sam
11
sep
2010
20 ans que Ninja Tune brouille les pistes
Le label mythique vit une jeunesse dorée...
Comme les superhéros, les ninjas n'avancent pas forcément masqués. Derrière Ninja Tune, le label indépendant de musique, deux figures identifiables, Jonathan Moore et Matt Black. les membres de Coldcut, groupe de DJ passionnés qui mixait jazz, house et hip-hop sur les platines dès la fin des années 1980. Lors d'un voyage au Japon, ils trouvent le nom de leur label: «Les ninjas construisent ces maisons où ils ont des trappes pour disparaître et réapparaître autre part. Ils sont tout d'artifices et d'identité secrète.*»
Vingt ans après, Ninja Tune est sorti de l'ombre, même s'il brouille toujours les pistes. Il fête son anniversaire à travers le monde (Londres, Tokyo, New York…), et fait escale plusieurs soirs à Paris avec un beau line-up: Bonono, DJ Vadim, Speech Debelle, The Herbaliser, Four Tet…
« Ce fantôme qui hante le hip-hop »
Présent au festival, Roots Manuva, qui vient de sortir Duppy Writer, album de reprises dub de ses propres morceaux. «Dub, au sens propre, ça veut dire réenregistrer, raconte le rappeur britannique. Le style remonte à l'époque où l'ingénieur du son n'avait pas les moyens de se payer un groupe pour réaliser la face B d'un disque. Alors, il bidouillait avec les outils du studio, il rehaussait les basses, ajoutait des échos et des distorsions…» Pour qualifier l'album, Roots Manuva livre sa définition de «Duppy»: « Duppy, ça veut dire fantôme en patois jamaïcain. C'est ce fantôme qui hante le hip-hop, c'est-à-dire le reggae et toute la tradition du sound system.»
Andreya Triana, nouvelle voix soul
Le hip-hop est inscrit dans l'ADN de Ninja Tune, plus précisément «sa pratique de fusion des genres musicaux et découpage sonore», explique Peter Quicke, l'actuel directeur du label. Le label n'a jamais cessé de s'affranchir des étiquettes: trip-hop, jazz, drum'n'bass, rock… «Ce qui m'excite le plus en ce moment, poursuit Peter Quicke, c'est le dubstep, une révolution dans la musique électronique, avec des artistes comme Eskmo, Dorian Concept, the Bug…»
N'empêche… Ninja Tune a sorti fin août un disque dans la pure veine soul, le premier disque de la jeune Anglaise Andreya Triana. Son Lost Where We Belong, délicat et poignant, la situe aux côtés des Amy Winehouse et Jill Scott. Lost Where We Belong évoque sa recherche d'identité: on comprend qu'elle ait été accueillie à bras ouverts. «Pourtant, je détonne au milieu de ces mordus de beats, s'amuse-t-elle. En plus, je suis l'une des rares filles sur ce label. Mais Ninja Tune, c'est comme une famille.» Les dernières fois qu'elle était venue à Paris, c'était pour accompagner le chasseur de rythmes Bonobo. Le 15 septembre, c'est elle qu'on applaudira en live au Festival Ninja Tune.
Un son à regarder
Mais Ninja Tune, c'est aussi un son à regarder. Graffs, collages, photomontages… Les arts visuels ont toujours imprégné les pochettes d'albums, qui ne doivent pas laisser indifférents. «C'est d'autant plus important que l'industrie musicale a changé. C'est plus facile de diffuser sa musique, mais plus dur d'être remarqué», note Peter Quickie. Fred Elalouf, représentant de Ninja Tune en France, insiste sur cette «iconographie qui va de pair avec musique révolutionnaire et sophistiquée.» La plus belle pochette, selon lui, est celle de l'album ambient Fast Asleep, où «les claviers vintage forment le nom de Funki Porcini. Elle reflète bien le côté studio freaks de ces artistes.»
mar
17
aoû
2010
Un disque rare... à 3 millions d'exemplaires
Trente-cinquième album studio de Prince depuis 1978, le disque 20Ten est sorti le 10 juillet au Royaume-Uni et en Belgique néerlandophone. Puis le 22 juillet en Allemagne et en France. Plus ou moins dans le suivi des étapes de la tournée européenne du chanteur, guitariste, auteur-compositeur et producteur américain - qui n'a pas joué en Grande-Bretagne.
Diffusés avec The Daily Mirror, Het Nieuwsblad, l'édition allemande de Rolling Stone et Courrier international (groupe Le Monde), les 3 millions d'exemplaires de 20Ten sont partis comme des petits pains. Un beau résultat en ces temps de crise du disque, qui ne sera toutefois pas pris en compte par la Recording Industry Association of America (RIAA), l'association des producteurs, distributeurs et fabricants de disques aux Etats-Unis, pour délivrer une certification triple disque de platine. Hors la distribution en magasins ou par téléchargement sur des sites Internet légaux, pas de récompenses. D'autant moins que le disque, toute production américaine de Prince qu'il soit, n'a pas été diffusé à ce jour aux Etats-Unis. Et hors l'achat au jour de parution des journaux, dont le tirage a été épuisé, pas de disques non plus pour les retardataires. Quoi que.
Première piste, les sites de ventes aux enchères de type eBay. 20Ten y est proposé, avec ou sans son journal, encore scellé ou non, à des prix qui varient de quelques euros - à peine plus que le prix d'achat originel -, jusqu'à parfois 100 euros. Sur les sites Internet d'amateurs de Prince, certains ont acquis plusieurs exemplaires pour les envoyer à des fans de pays non concernés par l'opération. Généralement sans autres frais que ceux des tarifs postaux.
Plus étonnant, le disque, présenté dans la même simple pochette cartonnée que celle des journaux, a été vu bien placé dans des linéaires à ses couleurs avec affiche promotionnelle dans quelques magasins de disques au Japon, vendu au prix fort - l'équivalent de 20 euros. Accord particulier avec le Japon, retours des journaux acquis par les magasins ? Nos demandes d'explications n'ont pas eu de réponses. Enfin, des contrefaçons ont été repérées, sur des marchés, chez des soldeurs et spécialistes du disque rare. Sous boîtier plastique avec une pochette sur papier glacé et le CD pressé ou gravé sur CD-R. La mention "New Prince CD. Limited Edition" servant d'appât.
Sylvain Siclier pour Le Monde
ven
18
jun
2010
Jeff Mills sort un disque hybride, vinyle et CD à la fois
Un demi-siècle après l'invention du disque vinyle et trente ans après l'invention du disque compact (CD), l'éternel débat entre partisans de l'analogique et du numérique continue d'animer les
audiophiles. Les uns louent la « chaleur » du vinyle et blâment l'aspect échantillonné du CD, tandis que les autres apprécient la souplesse du numérique dont est dépourvue l'analogique.
Jeff Mills, pionnier de la production de musique électronique, domaine dans lequel les deux supports font jeu égal, ne sait pas sur quel pied danser.
Il a donc lancé une édition limitée de son dernier EP sous la forme d'un disque hybride double face, de 12 centimètres de diamètre. L'une des deux faces est un CD audio tout ce qu'il y a de plus
conventionnel, avec une bande son échantillonnée à 44,1 kHz qu'on peut facilement numériser puis transférer sur le dispositif de son choix, tandis que l'autre face est un vinyle d'un format
inédit, disposant d'un microsillon que n'importe quelle platine vinyle peut restituer, à condition toutefois d'utiliser un adaptateur adéquat.
Intitulé « The Occurrence », ce maxi complète la série « Sleeper Wakes », qui explore de multiples manières innovantes de présenter le son. Jeff Mills a notamment joué sur une scène dans laquelle
son équipement avait été camouflé, donnant ainsi l'impression qu'il était seul.
ven
21
mai
2010
"Collectionner des disques, une passion"
Fabrice, Cherbourgeois, collectionne les vinyles depuis l'âgede 14 ans. Aujourd'hui, il en compte 1 500 dont 95 % de 33 tours.
« Presque trop », lance-t-il. À 17 ans, c'est la révélation. « J'ai eu un choc affectif en écoutant Hendrix, Pink Floyd, les Doors et Frank Zappa. Je suis tombé amoureux de la musique psychédélique. »
Depuis, il écoute de nouveaux groupes. « C'est la quête perpétuelle, sans fin, pour découvrir des artistes qui n'étaient pas connus à l'époque. Sandroze, Chico Magnetic Band, Cosmic Dealer, on trouve de vrais trésors. » Pour les dénicher, « il faut se lever tôt. »
Fabrice sillonne l'Ouest, passe beaucoup de temps dans les foires, brocantes et vide-greniers. « Sans oublier Internet qui permet aujourd'hui de trouver des vinyles dans différents pays. » Petit à petit, un réseau se crée entre collectionneurs. Ils peuvent échanger, se donner des tuyaux.
Lorsque Fabrice a un disque en tête, il se concentre sur une réédition. « Ensuite, je recherche le pressage original. »
Aujourd'hui, ce qui marche, c'est Johnny Hallyday, Mylène Farmer. « Ca ne se terminera jamais », sourit-il. Il y a aussi U2, Led Zeppelin et surtout les Beatles, « le groupe qui vend le plus de disques sur une foire. » Parfois, il faut y mettre le prix. « Certains disques atteignent 3 000 €. Ce sont généralement des disques vendus par des particuliers à des prix très hauts. »
Selon Fabrice, le but n'est pas de tout collectionner. « Il faut avoir les groupes qui nous plaisent vraiment. » Notre passionné sait déjà qu'il ne trouvera pas certains vinyles. « Par exemple, le pressage original du groupe Open Mind est introuvable. Je le chercherai donc toute ma vie et je suis prêt. »